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Vous et le poker (sondage)

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Le poker est un jeu éminemment psychologique. Votre psychologie comme celle de vos adversaires (et ce que vous pourrez en deviner) aura une influence majeure sur votre capacité à gagner contre eux au poker. Nous allons donc voir deux aspects fondamentaux : votre psychologie, et celle de vos adversaires (c'est à dire la votre en miroir).

Conseils psychologiques - le poker et vos émotions

Le Tilt

Le Tilt est sans doute l'un des plus gros problèmes du joueur de poker. C'est sans doute la première cause d'échec, l'élément qui ruine le plus de joueurs.

Mais qu'est-ce que le tilt ?
Au sens le plus large, c'est une modification générale de votre comportement liée à ce qui vous arrive au poker. Que ce soit à la suite d'une victoire écrasante ou d'un très vilain coup du sort, que cela vous mette dans une rage ahurissante ou dans une phase d'euphorie délirante, vous êtes en tilt.

Toutefois, le plus souvent, le tilt se résume ainsi : Vous venez de perdre un ou plusieurs gros coups alors que toutes les statistiques étaient en votre faveur, vous êtes victime d'une perte très "injuste" (ce qu'on appelle un bad beat), et cela vous met en colère, voire en rage. Cela modifie énormément votre psychologie et votre façon de jouer les coups suivants. C'est cela, le tilt.

Chacun réagit de façon différente à ces coups du sort. On constate globalement plusieurs types de réaction de joueurs en tilt :

  • Vous avez ceux qui se renferment et qui se mettent à jouer plus serré que jamais : dégoûtés que leur paire d'as ait pu être battue par un brelan de 7 gagné in-extremis par l'adversaire à la river, ils se disent que décidément, ils sont maudits et qu'aucune main n'a de chance de l'emporter : ils se mettent à ne plus jouer du tout et à coucher toutes les mains.
  • Vous avez ceux qui, dans une espèce de rage autodestructrice, se mettent à jouer toutes leurs poubelles, toutes leurs plus mauvaises mains, et à faire absolument n'importe quoi. Ils deviennent alors des joueurs extrêmement loose - c'est à dire qu'ils jouent une gamme de mains extrêmement vaste, même celles qui ont très peu de chances de l'emporter.
  • Vous avez ceux qui décident d'en finir rapidement et qui se mettent all-in (tapis) à tout bout de champs, ou du moins dès qu'ils ont une main pas trop trop dégueu. Ils sont alors presque dans une optique "push or fold" (tout ou rien : all-in ou se couche), en moins propre car sans respecter la stratégie précise propre à ce type de comportement.
  • Vous avez ceux qui tentent de se refaire le plus vite possible en jouant très dangereusement. Et notamment en montant immédiatement à la limite supérieure (voire quelques limites au dessus) pour "se refaire plus vite", alors que leur bankroll ne le leur permet pas (en tout cas pas de façon sécurisée.
  • Vous avez ceux qui deviennent extrêmement agressifs, au sens poker du terme : ils font monter la moindre enchère dans des proportions délirantes, et lorsqu'ils veulent jouer leur main et que quelqu'un relance, ils surrelancent de façon extrême pour "éloigner" les joueurs.
  • Et puis vous avez aussi ceux qui deviennent simplement très grossiers et désagréables sur le chat de la table. Et qui agonisent d'injures celui qui vient de battre leur main.

En réalité, un joueur en tilt mélange souvent, à des degrés divers, plusieurs de ces caractéristiques, et parfois quelques autres. Beaucoup, en tout cas, ont un jeu beaucoup moins prudent et moins stratégique lorsqu'ils sont en tilt. Ils "flambent" sans prendre soin de jouer proprement et sans respecter les règles qu'ils s'imposent eux-même d'habitude. Quand on est en tilt, on n'est plus soi-même, et on est beaucoup moins raisonnable. La colère fait faire des erreurs.

Comment limiter les dégâts du tilt ?

Si vous êtes en cash game, arrêtez de jouer immédiatement si vous avez la force mentale de vous l'imposer (beaucoup en sont incapables). Faites une pause, allez fumer une clope si vous êtes fumeur, allez faire un tour si vous êtes marcheur, allez manger un morceau sinon, mais déconnectez, quittez l'écran. Ca permet de prendre du recul et de faire retomber la pression. Si vous êtes en tournoi, ou que vous êtes incapable d'arrêter le cash game, prenez au moins le temps de respirer. Pour de vrai. Amplement. Prenez des inspirations fortes et amples, expirez lentement et intégralement. Si vous êtes du genre à écouter de la musique pendant que vous jouez au poker, peut-être est-ce temps de choisir des morceaux appropriés... écouter du gangsta rap ou du black metal ne contribuera pas exactement à vous calmer.

Certains aiment se "défouler" sur le chat ingame... c'est à vous de voir. D'un côté, ça peut aider à faire retomber un peu la pression d'engueuler celui qui vous a suivi avec une main pourrie et qui vous a battu à la faveur d'un incroyable coup de chance (attention quand-même à rester poli : vous pourriez vous faire exclure). De l'autre, vous montrez ouvertement aux joueurs votre état psychologique, ce dont ils peuvent se servir contre vous.

Exceptionnellement, vous pouvez jouer en play money : c'est une occasion de se défouler un bon coup sans mettre en jeu sa bankroll. Et si vous n'aimez pas jouer quand il n'y a pas d'enjeu ni rien à gagner, alors si possible attaquez un Freeroll (on en reparlera dans un prochain article) : au moins vous ne risquez pas de perdre d'argent. Si jouer n'importe comment en freeroll représente bien un manque à gagner, ça a au moins le mérite de ne pas représenter de perte.

Globalement, il est vraiment préférable d'arrêter de jouer au plus vite lorsqu'on est en tilt, ou même avant, idéalement, quand on sent le tilt monter. Ce n'est pas grave d'arrêter, bien au contraire. Vous reprendrez demain, ou dans une heure ou deux. Toutes les tables seront là. Votre argent sera encore là. Vous pourrez encore vous refaire demain. Mais là, tout de suite, vous allez faire des erreurs et vous enfoncer. Si vous êtes engagés et que vous ne pouvez pas arrêter (tournoi etc.), essayez de slowplay. Eventuellement, raccrochez vous à une stratégie purement robotique pour limiter les excès.

Autres conseils psychologiques

On va dire des évidences mais... jouez au poker quand vous êtes en état de jouer. On l'a dit et on le répètera tant que nécessaire : jouer au poker toute la nuit alors que vous vous êtes levé tôt, ce n'est pas courageux ni utile : c'est stupide. Votre cerveau fonctionne au ralenti et vous n'êtes plus un bon joueur dans ces moments là. Des joueurs qui se sont levés bien plus tard que vous et ont eu leur quota de sommeil sont prêts à profiter de votre faiblesse, que vous ayez conscience de cette faiblesse ou pas.
Si vous avez passé une sale journée et que vous êtes d'humeur massacrante, évitez le poker, qui est un jeu qui joue facilement sur les nerfs. Vous pourriez vite partir en tilt là encore. Le poker est un jeu viscéralement injuste que vous ne devriez pratiquer que lorsque vous êtes en état d'absorber ce genre de "chocs" sans vous énerver. Votre humeur est donc d'une grande importance.
Si vous avez mal dormi et que vous êtes dans le cirage, évitez également, ou vous allez faire des erreurs bêtes que vous risquez de regretter amèrement.

Jouez au poker, aussi, quand vous êtes dans une situation qui vous le permet : Clairement le travail n'est pas le meilleur moment pour jouer au poker, mais ça ne se limite pas à ça. Evitez de jouer au poker quand vous avez les enfants qui piaillent à côté par exemple. Pour jouer proprement, il faut un peu de concentration. Evitez de vous lancer dans un tournoi MTT si vous savez que vous allez devoir quitter l'ordinateur dans une grosse demi-heure. Ce genre de tournoi dure facilement plusieurs heures et bien qu'il soit théoriquement possible de s'absenter (sit out), on prend le risque de rater de belles occasions et de se faire bouffer par les blinds.

Autre conseil : soyez discret. Vous voulez en laisser savoir le moins possible à votre sujet à vos adversaires. Evitez de parler sur le chat, évitez de montrer vos cartes au showdown lorsque vous avez perdu, ou lorsque tout le monde se couche et que vous restez seul en lice. Il ne s'agit pas ici de gérer votre état mental, mais d'éviter que vos adversaires le lisent trop facilement. Inutile de leur montrer que vous êtes en tilt et que vous jouez la moindre poubelle. Inutile d'être trop prévisible. N'hésitez pas, même, une fois de temps en temps, à commettre un acte imprévu... jouer exceptionnellement une main médiocre, raise quand vous devriez fold ou le contraire... juste histoire de brouiller les pistes sur votre type de jeu.

La psychologie de l'ennemi

C'est la même, en miroir.

Le tilt

L'adversaire aussi entrera parfois en tilt. Sachez le repérer et en profiter. Lorsqu'un adversaire se met all-in à rigoureusement toutes les mains, il peut être intéressant de le suivre si votre main est un correcte : peut-être que vous serez malchanceux et que vous tomberez sur la main qui vous battera, mais le plus probable est que vous tombiez sur une main médiocre que vous pourrez battre facilement. Repérez les joueurs qui ragent sur le chat : c'est souvent un bon indicateur de tilt. Le joueur va commencer à faire des erreurs, sachez en profiter. Décryptez ce que le tilt crée en lui comme type de jeu et tirez-en parti.

Un joueur en tilt, c'est un joueur qui crie "plumez-moi !" - attention tout de même, vous ne serez probablement pas le seul à vouloir vous payer sur la bête. Et vos adversaires en pleine possession de leurs moyens ne vous feront pas de cadeaux. Il serait dommage que vous suiviez all-in un joueur en tilt, avant d'être suivi par un autre joueur qui a la même idée que vous, et que lui a une bonne main. Une fois de plus, votre position sera donc primordiale.

Décryptez vos adversaires

Quitte à faire des petites fiches, apprenez à repérer le style de jeu de votre adversaire, son état psychologique, et tirez en partie. Nous verrons dans un prochain article quelques uns des points qu'il peut être intéressant de noter chez un joueur. Mais dites vous en tout cas que lui aussi, son état mental est variable et que son jeu va forcément en dépendre.

En tournoi, sachez également profiter des joueurs qui semblent attendre que la bulle soit percée. Vous verrez parfois des joueurs jouer de moins en moins à mesure que la bulle s'approche, au point de se coucher systématiquement quand on en est à la bulle. Il peut être intéressant d'en profiter. Lorsque ces joueurs sont aux blinds, par exemple, et que vous êtes en fin de parole, si personne ne l'a encore fait il peut être intéressant de miser de façon agressive : ils n'oseront probablement pas vous défier et préfèreront perdre leurs blinds, que de risquer d'être éliminé à ce moment là du jeu.
Il y a tout un tas de moyens de profiter d'un joueur qui semble ne plus oser jouer : par exemple s'il parle après vous mais que vous avez remarqué qu'il se couche systématiquement à cause de la bulle, vous pouvez vous considérer comme étant plus ou moins "en fin de parole" et adapter votre stratégie. A l'inverse, s'il se met à faire une grosse relance à la bulle alors qu'il était devenu très prudent, méfiez-vous...

Evitez de bluffer

On ne va pas se mentir : vous êtes débutant. Un tout petit débutant. De rien du tout. Si si, vraiment. Rangez votre égo dans le tiroir, acceptez votre état : vous êtes un bébé-joueur. Face à vous, des joueurs bien plus expérimentés. Même aux micro-limites. Evitez le bluff à tout prix : ils vont vous voir venir avec vos gros sabots. Ils savent exactement ce que vous êtes en train de faire, ils ont fait pareil avant vous, ils connaissent tellement ça par coeur que certains n'ont même pas besoin d'y penser : inconsciemment, naturellement, leur cerveau sait repérer votre bluff parce qu'il est juste trop typique, trop habituel.
Bien-sûr que le poker est un jeu de bluff, en partie. Mais pas tout de suite. Pas quand vous en êtes à ce stade de la progression. Vous n'êtes pas assez expérimenté, vous allez vous vautrer. Contentez-vous de jouer statistiquement gagnant, c'est à dire de jouer les belles mains et de coucher les mauvaises, de miser quand vous voulez récupérer de l'argent et que les cartes sont à votre avantage, et de retirer vos billes quand le tirage est décevant. Ne jouez pas les héros maintenant. Il arrivera un moment où vous pourrez le faire, mais plus tard. Quand vous aurez quitté ce site depuis un moment déjà.

Décryptez les bluffs de vos adversaires

Vos adversaires, eux, ne vont pas se priver. Et certains sont aussi débutants que vous mais eux n'ont pas eu l'intelligence d'attendre leur heure. Sachez en tirer partie, une fois de plus. Apprenez à décrypter les bluffs.
Apprenez qu'un joueur qui se met all-in n'est pas forcément un signe de force absolue. En fait, au niveau débutant, un joueur qui est presque sûr de l'emporter évitera de se mettre all-in pour ne pas effrayer ses adversaires, qu'ils fassent bien grossir le pot. Vous aussi, vous le ferez, ce sera plus fort que vous. Apprenez qu'un joueur qui se contente de suivre toutes vos relances ne montre peut-être pas un signe de faiblesse et d'hésitation, mais a peut-être simplement une très belle main qu'il vous cache : il compte alors sur vous pour faire les relances, faire grossir le pot... sans avoir à le faire lui-même (ce qui vous alerterait). Sans même vous en rendre compte, le joueur vous a amené à vous piéger vous-même. Il n'a plus qu'à vous croquer au showdown.

Mais ça, ce sont déjà des bluffs futés... Sachez aussi repérer les bluffs idiots des débutants complets, qui tentent de vous effrayer avec une mauvaise main. Vous découvrirez notamment que beaucoup de débutants se sentent obligés de miser à la river comme s'ils venaient de toucher un tirage miraculeux, même si ce tirage leur est en réalité très décevant. Ils ne veulent pas lâcher le pot comme ça, ils ne veulent pas abandonner tout cet argent investi, et en même temps ils veulent éviter le showdown qui les mettra KO. Ils essayent donc de vous faire coucher en faisant croire à un tirage redoutable... certes, il faut se méfier des tirages. Certes, les bad beats existent. Certes, c'est super énervant de se faire battre par une suite touchée à la river. Certes, certes, certes.... il n'empêche. Si un joueur relance systématiquement comme un fou à la river, posez-vous des questions. Il vaut mieux un bad beat et 10 mains remportées contre des mauvais bluffs, que 0 bad beat mais s'être couché 11 fois alors qu'on avait l'avantage.
Au passage, évitez au maximum ce bluff : il est typique des débutants, vos adversaires le connaissent (même mieux que vous), certains ont même calculé la probabilité que vous ayez vraiment une main favorable. Ils vont vous suivre et ils vont vous battre. Certes pas à tous les coups, certains se laisseront parfois impressionner, mais pas assez pour que la méthode soit rentable à long terme.

En conclusion

Jouez au poker quand vous êtes en situation et en état de jouer du beau poker. Lâchez le poker dès que vous perdez le contrôle de vous-même. Jouez proprement, sans bluffer bêtement, jouez un poker raisonnable... et surtout, sachez repérer tous vos adversaires qui ne suivent pas ces consignes. Repérez-les et utilisez leur manque de psychologie pour les battre.

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