Le magazine des débutants du poker en ligne - le poker de zéro à As

Sondage

Vous et le poker (sondage)

Connexion utilisateur

Message d'erreur

  • Notice : Undefined index: comments dans _discussthis_discussion_load() (ligne 388 dans /home/riggedpo/pnov/sites/all/modules/discussthis/discussthis.node.inc).
  • Warning : Invalid argument supplied for foreach() dans _discussthis_discussion_load() (ligne 388 dans /home/riggedpo/pnov/sites/all/modules/discussthis/discussthis.node.inc).
Se connecter or to En discuter sur le Forum

Maintenant que vous avez commencé à jouer au poker, nous allons pouvoir rentrer un peu plus en détail dans la stratégie. Nous allons donc voir quelques "coups" de base du poker, qui commencent à relever un peu du bluff.

Jusqu'à maintenant, nous vous avons appris à la jouer de façon "logique" : Vous avez les bonnes cartes, vous misez. Vous avez les mauvaises cartes, vous lâchez. Vous avez des cartes bof, vous êtes prudent. Tout cela est une bonne base, bien-sûr, et ce que nous allons voir ci-dessous ne contredit en rien ces principes élémentaires. Mais le poker est un jeu plus subtil que cela comme vous vous en doutez, et il est temps d'apprendre quelques uns des coups de bases qui vous permettront d'optimiser un poil votre jeu.

Avertissement : on ne bluffe pas n'importe comment

Il est très tentant, lorsqu'on est bien avancé dans un pot, ou qu'on a un petit espoir de toucher la carte qui nous manque au turn ou à la river, de vouloir bluffer, comme ça, sans avoir vraiment de plan de bataille ni de bonne raison de le faire.

"J'ai voulu aller voir le pot, j'ai rien touché, mais j'ai été obligé d'y mettre beaucoup de jetons et je veux pas les perdre. Je vais faire croire que j'ai touché un brelan, miser gros, et les gens vont abandonner et je vais tout récupérer ! Pas vrai ?"

Non. Pas vrai. Si vous commencez à jouer ainsi, cela va marcher une fois de temps en temps, et vous allez être très fier de vous... mais il y aura bien plus de fois où ça ne marchera pas et où quelqu'un vous suivra, et vous serez forcé d'abandonner ou de perdre, après avoir gâché encore plus de jetons. A long terme, ce genre de bluff n'est pas du tout rentable. Oubliez cette idée. Définitivement.

Il existe, en revanche, un certain nombre de bluffs (ou de semi-bluffs) possibles ainsi que quelques petites choses à savoir sur la force des mains et des jeux.

Sans parler de bluff : la psychologie inversée au poker

All-in : le geste qui ne veut rien dire

Vous êtes au flop, et vous avez touché une main magnifique. Un carré, ou une couleur, ou une quinte. Il est très improbable que quelqu'un ait mieux que vous. Pouvez-vous vous mettre all-in ? Cela ne risque-t-il pas de faire peur aux joueurs et de les voir abandonner en masse, alors que vous voudriez les voir miser gros pour tout récupérer à la fin ?

Hé bien en fait, pas autant que vous pouvez l'imaginer... loin de moi l'idée de vous dire que vous devez systématiquement vous mettre all-in quand vous avez touché un tirage magnifique, mais sachez que, à part peut-être chez les débutants complets, "all-in" est facilement interprété comme une façon de faire le malin, ou de vouloir gambler, c'est à dire faire du pur jeu de hasard. Du coup, un joueur all-in n'est pas forcément analysé par les joueurs comme quelqu'un qui a un tirage splendide. Ca peut très bien être le cas... mais ça peut aussi être un crétin qui veut faire le malin et faire un bluff moisi, ou un type qui s'ennuie et qui se dit "allez, j'ai pas la main du siècle mais je la joue à quitte ou double". All-in est donc un geste qui ne veut pas dire grand chose, et c'est bien que vous le sachiez quand vous le voyez, mais c'est aussi bien que vous appreniez vous-même à l'utiliser : parfois, il vaut mieux se mettre all-in et donner l'impression que vous êtes juste quelqu'un qui s'ennuie et qui veut en finir, que de mettre une mise raisonnable et que tout le monde comprenne que vous voulez qu'on vous suive parce que vous êtes imbattable.

Suivre ou mise minimum : pas toujours un aveu de faiblesse

C'est le corolaire du point précédent, et toujours de la psychologie inversée.. Un joueur qui a une très bonne main a tout intérêt à ce qu'on le suive : il est donc facilement tenté de ne pas faire monter les enchères trop haut pour ne pas faire peur, et pour que tout le monde se dise "boah, c'est pas cher et j'ai une main pas si dégueu, je peux tenter". Vous y avez sans doute pensé vous-même... sauf que vous êtes loin d'être le premier à y avoir pensé. Et qu'à force, ça finit par devenir une habitude : quand quelqu'un fait une toute petite relance, il n'est pas rare que ce soit pour attirer des suiveurs (voire des relanceurs) parce que la personne sait qu'elle va les battre. Là encore, c'est bien que vous en ayez conscience et que vous fassiez attention au moment de suivre une petite relance (minraise). Mais c'est aussi et surtout important que vous en ayez conscience au moment de choisir quelle image vous voulez donner de votre main. Autant préflop, se contenter de minraise n'est pas signe de grand chose, autant au flop, si vous faites un minraise, le risque que les adversaires comprennent que vous avez une belle main n'est pas négligeable.

Tout ça pour dire : force de la main et psychologie inversée

Au poker, tout ce qui est logique a déjà été largement pensé par d'autres, au point de devenir une évidence. Vous n'êtes pas le premier sur les tables. Il faut donc apprendre à faire de la psychologie inversée et à comprendre comment les autres joueurs l'utilisent pour tromper l'adversaire sur la force d'une main. Ce ne sont pas des bluffs à proprement parler : vous ne faites pas semblant d'avoir des super mains quand ce n'est pas le cas. Simplement, pensez que les joueurs analysent vos actions pour tenter de deviner ce qu'elles cachent, et pensez qu'ils s'attendent aussi à ce que vous le fassiez contre eux (et qu'ils chercheront donc à vous induire en erreur).

Les quelques bluffs de base que vous pouvez vous permettre

Petit avertissement concernant ces bluffs

Vous allez apprendre ici quelques astuces qui impliquent de jouer de façon un peu moins claire et logique que l'habituel "bon = je patate, moyen = je suis prudent, mauvais = je me couche". Cela dit on ne va faire bouger les lignes qu'un petit peu. Il est hors de question de patater avec une poubelle. Malgré cela, il faut garder à l'esprit qu'un bluff n'est rentable que s'il entraîne l'effet souhaité chez l'adversaire. Si les choses ne se passent pas comme prévu, il faut abandonner votre bluff. Là encore, il y a des exceptions à ce principe mais... ce sera pour plus tard. Pour l'instant, restez-en à ce principe : vous tentez votre bluff à l'aide d'une seule action : s'il échoue et que l'adversaire ne réagit pas comme prévu, ne tentez pas de surbluffer pour retourner la situation. Le plus souvent vous échouerez à retourner la situation, perdrez des jetons, bref, ce ne sera pas rentable. Si ça rate, ça rate. Tant pis, ce sera pour une prochaine fois. Gardez cela à l'esprit.

Le vol de blinds

C'est un bluff qui s'effectue préflop, et quand vous êtes en fin de parole. C'est à dire que la plupart des joueurs ont déjà parlé au moins une fois. C'est valable si vous êtes au cut-off ou au button : c'est à dire les deux places situées juste avant la petite blind.
Si, quand c'est votre tour de parler, personne n'a misé et personne n'a suivi la grosse blind, alors vous pouvez tenter de voler les blinds : vous misez une somme raisonnable (l'équivalent de 2 ou 3 big blinds, typiquement) dans l'espoir que la petite et la big blinds se couchent : cela vous permet de récupérer une grosse + une petite blind.
Evidemment, il ne s'agit pas de tenter de voler les blinds à tous les coups, ni avec n'importe quelles cartes. Vous pouvez vous permettre un peu plus de libertés qu'à l'accoutumée en terme de mains, mais si vous avez 9trèfle4pique, oubliez : si jamais l'un des deux joueurs aux blinds vous suivait, vous auriez toutes les chances d'être fichu et de devoir abandonner. Vous auriez alors perdu votre investissement. Une bonne base pour le vol de blinds ce sont toutes les paires (même un simple 22), à peu près tous les assortiments à base de TJQKA (AT, AJ, KQ, KT etc.) même non-assortis, ainsi que ce qu'on appelle les connecteurs assortis : c'est à dire deux cartes de même couleur qui, en plus, ont une petite chance de se transformer en quinte au flop car ils ont maximum trois cartes d'écart (2-6, 3-7, 4-8, 5-9 etc. mais aussi 2-3, 3-4, 4-5 ou encore 2-4, 3-5, et ainsi de suite). Cela vous donne en effet une petite chance pour une quinte au flop et une petite chance pour une couleur au flop : ce n'est pas énorme, mais c'est un début.

Attention, face à un vol de blinds trop courant, vous vous exposez à un risque de resteal : un joueur qui voit clair dans votre tentative, dont les cartes, sans être super, ne sont pas mauvaises non-plus, qui se doute que vous n'avez pas une main magnifique, et qui surenchéris pour vous faire lâcher le coup. Rappelez-vous de l'avertissement ci-dessus : en cas de resteal, laissez tomber, ne vous laissez pas entraîner avec une surrelance. D'autant qu'un bon joueur ne tente un resteal qu'avec un nombre de mains plus limité que le vôtre : il a donc statistiquement plus de chance d'être gagnant que vous.

La continuation bet

Celle-ci se joue immédiatement après le flop, si vous avez relancé car vous partiez avec une belle main. Si vous n'avez pas touché ce que vous espériez au flop, et que personne avant vous n'a misé, vous pouvez tenter (pas à tous les coups non-plus, mais vous pouvez le faire relativement souvent) de miser alors même que vous n'avez pas, théoriquement, la force pour le faire.

Prenons un exemple : vous avez commencé avec KtrèfleQtrèfle, vous espériez une petite couleur ou au pire, une top-paire (avec un roi ou une reine au flop) et vous avez misé agressivement au flop, donnant déjà une image de force. Malheureusement, le tirage donne 5pique9coeurAcarreau. Vous n'êtes pas en très bonne posture, nous sommes bien d'accord... mais si personne n'a misé avant vous et que tout le monde semble en aussi mauvaise posture que vous, vous êtes alors autorisé à faire croire que vous avez effectivement touché ce que vous espériez (par exemple une paire de 9 ou une paire d'as) en étant le premier à relancer. Vous devriez alors relancer entre la moitié du pot (si le pot est déjà gros) et l'équivalent d'un pot complet (si celui est tout petit) : souvent, vous vous retrouverez quelque part entre les deux (autour des 2/3 de pot). Vous envoyez ainsi le message "je vous avais dit que j'avais de la force, et c'est confirmé, j'ai une très belle main". Vous avez de bonnes chances de voir les joueurs abandonner.

Là encore, attention, n'insistez pas : si un joueur vous suit, ne tentez plus de bluff derrière. Soyez prêt à abandonner à la prochaine occasion, sauf si vous touchez finalement une carte miraculeuse au turn ou à la river. Si un joueur mise ou relance à un quelconque moment après un continuation bet et que vous n'avez pas, entre temps, touché un tirage inespéré qui vous a redonné l'avantage, abandonnez. Tant pis pour vos jetons, vous les récupèrerez plus tard. On n'insiste pas sur un bluff qui n'a pas fonctionné.

Check/Raise (Parole/Relancer)

Après le flop, si vous avez touché une belle main et que personne n'a encore misé, vous devriez le plus souvent être le premier à miser. Cependant, dans l'absolu, vous avez le droit de "check" : vous ne misez rien et laissez parler le suivant. En général, vous ne le faites pas : vous avez une belle main, vous voulez miser. C'est bien normal. Si toutefois vous êtes dans les premiers à parler, et que vous avez vraiment touché une belle main, il peut parfois être intéressant d'opérer un petit bluff qu'on appelle le check/raise : vous checkez pour laisser parler les suivants en espérant que l'un d'entre eux va entrer dans le coup avec une mise (peut-être un continuation bet de sa part, peut-être un bluff, ou peut-être qu'il a tout simplement une belle main). La parole va vous revenir ensuite pour savoir ce que vous voulez faire (le suivre, relancer ou vous coucher). Là, vous relancez.
Un check/raise, c'est ça : je check, j'attends que quelqu'un mise car il me croit en position de faiblesse, et je relance derrière lui. Là, il peut se passer deux choses :

  • Soit il comprends qu'il s'agit d'un check/raise, il sent que vous êtes en vraie position de force si vous tentez un geste pareil, et il se couche. Vous avez donc récupéré les jetons de sa mise.
  • Soit il ne comprend pas, ou il croit quand-même qu'il a une meilleure main que vous, et il vous suit : c'est parfait. Vous avez fait grossir le pot, si vraiment vous partez du principe que votre main est gagnante, vous allez toucher d'autant plus au showdown puisque vous aurez fait monter les enchères.

Dans un cas comme dans l'autre, vous récupérez plus de jetons que si vous vous étiez contenté de faire une mise dès le départ et que tout le monde s'était couché, ou que l'adversaire vous avait suivi dès la première mise sans faire grossir le pot.

Ici, la situation est particulière si un joueur relance. Nous vous avons conseillé de ne pas insister sur un bluff qui a échoué, mais ici la situation est particulière : ce n'est pas tout à fait un bluff. Vous avez fait un check/raise parce que vous avez vraiment une très bonne main. Si un joueur relance ou se met all-in, donc, il n'est pas question de se coucher. Vous devez jouer votre (belle) main normalement. Et continuer à mise au turn ou à la river si nécessaire.
En fait, ici, on peut considérer que le bluff a échoué si personne ne mise après votre premier check, et que l'on va jusqu'au turn gratuitement. Alors vous devez abandonner l'idée de check/raise et jouer normalement à partir du turn. En faisant attention de vérifier que votre main reste forte, bien-sûr, car les choses ont pu changer. Si vous avez piquecarreau en mains, que le flop donne coeurcoeurtrèfle et que le turn donne un coeur, méfiez vous : statistiquement il y a un risque qu'un de vos adversaires ait touché une couleur : si un joueur se met à miser solidement au turn, c'est peut-être qu'il a deux cartes coeur en poche (surtout si c'est un joueur très tight ou très weak... qu'il se réveille d'un coup devrait vous interpeller... beaucoup moins si c'est un joueur loose-agressif).

Le bluff à éviter : le bluff tirage

Nous venons de voir le risque qu'un joueur touche une couleur au turn, ou à la river. Ce risque est réel et ne doit pas être négligé, mais il ne doit pas non-plus être surévalué : beaucoup tenteront de vous bluffer et de vous faire croire qu'ils viennent de toucher leur tirage couleur, surtout parmi les débutants. Attention à ne pas tomber dans la paranoïa de ce point de vue.
Mais surtout, vous, évitez ce bluff : Si vous n'avez pas de tirage couleur, ne faites pas croire que vous en avez un. Ce bluff est tellement typique que beaucoup de joueurs prendront le risque de vous affronter... or il se trouve que vous n'avez rien à faire valoir. Vous vous ferez donc exploser au showdown.

Les bluffs précédents sont acceptables car ils reposent sur une part de vérité : le vol de blinds est admissible même si vous n'avez pas de super cartes car vous avez tout de même des cartes correctes, qui vous donnent quelques chances au flop. Le continuation bet est admissible même si vous n'avez rien touché au flop car vous avez quand-même des cartes privatives très correctes (le continuation bet ne se fait que si vous avez relancé préflop, et l'on relance préflop que si l'on a deux belles cartes privatives), et une chance de vous rattraper au turn. En tout état de cause, dans ces bluffs là, si quelqu'un vous suit malgré votre bluff, la situation est loin d'être désespérée : c'est ce qui les rends acceptables.
Ce bluff là, en revanche, ne repose sur rien. Vous n'avez pas de couleur et il n'y a pas de "pas vraiment de couleur mais un peu quand-même". Si quelqu'un vous suit (et il y a de bonnes chances que cela arrive), vous êtes fichu. Alors n'essayez pas.

Parfois, il ne faut pas lâcher l'affaire

Il existe quelques cas où vous ne devriez pas lâcher l'affaire si facilement. Beaucoup reposent sur des analyses mathématiques et statistiques assez complexes que nous n'aborderons pas sur ce site (ce site reste, après tout, une ressource pour débutants). Il y a tout de même un cas dans lequel vous devriez éviter de vous coucher même si la situation ne sent pas très bon :

Imaginez qu'il vous restait 2000 jetons avec des grosses blinds à 150, que vous avez relancé (peut-être même fait un continuation bet), qu'au total vous ayez misé 1500 jetons depuis la phase préflop (il vous en reste donc 500), qu'un adversaire ait relancé et que le pot ait grossi, au point de valoir 8000 jetons, avec parmi ces 8000 notamment des jetons appartenant à d'anciens adversaires qui se sont couchés depuis : vous avez alors deux choix : suivre la relance de l'adversaire en vous mettant all-in, ou vous coucher et garder 500 jetons, soit moins de 4 grosses blinds... dans ce cas, à moins d'être vraiment sûr que le joueur adversaire batte votre main, il peut être justifié de le suivre... la somme à gagner est grosse, la somme perdue si vous vous couchez aussi, les chances de vous refaire avant la fin du tournoi est faible (avec moins de 4 big blinds, vous n'irez pas bien loin), bref... il peut valoir le coup de se mettre all-in même si votre main est un peu faible.

Pourquoi ? D'une part parce que même si vous vous couchez maintenant, vos chances de survie sont de toute façon assez négligeables. D'autre part parce que même si vous perdez ce coup ci, avec un tel pot, l'opération est rentable à long terme. Vous allez peut-être perdre cette fois et être éliminé, peut-être même que ça vous arrivera deux fois de suite, mais si vous gagnez la troisième fois que ça vous arrive, l'opération aura quand-même été ultra-rentable (faites le calcul vous-même vous aurez misé 6000 jetons et vous en aurez gagné 8000).

Certes, en tournoi particulièrement, le nombre de jetons ne fait pas automatiquement la richesse : on peut gagner 8000 jetons et finir éliminé quand-même plus tard dans la partie (en cash game par contre, la rentabilité est réelle : gagner 1 fois sur 3 8€ en investissant chaque fois 2€ est rentable quoiqu'il arrive). D'ailleurs, on ne vous conseillera pas forcément de vous mettre all-in dans ce genre de situation si, par exemple, vous êtes à la bulle d'un MTT (ce serait dommage d'être éliminé maintenant).
Certes, ce n'est pas quelque chose à faire à tous les coups : si vous n'avez absolument rien du tout, même pas une paire à la river, il n'est pas forcément souhaitable d'aller ainsi au casse-pipe, la fleur au fusil (en même temps, à la base, qu'est-ce qui vous a pris d'avoir investi autant d'argent jusqu'à la river avec même pas une paire ? Après, on fait tous des erreurs...). Mais si vous avez une main faible mais un tout petit peu défendable (par exemple une overpaire qui semble battue par une couleur, ou une paire qui semble battue par une probable meilleure paire), alors cela peut se tenter.

Avant de prendre la décision, vous devriez aussi voir à quel type de joueur vous avez affaire : si un joueur très tight se bat comme un beau diable, peut-être qu'il vaut mieux abandonner et tenter de se refaire avec ses 500 jetons, même si ça s'annonce compliqué. Si vous avez affaire à un joueur loose qui semble vouloir aller au showdown dans toutes les situations, il y a davantage de chances que cela vaille le coup de tenter votre chance - il n'a peut-être pas une si belle main que ça.

Ce qui est important est d'établir cette nuance : il n'est pas toujours souhaitable de se coucher quand on est mal barré. C'est souvent le cas, mais si le pot est énorme, que l'argent investi l'est aussi, et qu'il ne nous reste plus grand chose à perdre : dans ce cas, tenter le tout pour le tout peut, dans certaines situations, s'avérer rentable. Souvent, il faut se coucher quand on est mal parti, surtout si on a raté un bluff, mais parfois, même mal parti, prendre le risque est statistiquement rentable.

Conclusion sur la stratégie :

Voilà quelques pistes pour progresser dans votre stratégie au poker. L'idée n'est pas forcément de prendre toutes ces instructions au pied de la lettre comme des ordres absolus. Il s'agit de vous donner une petite idée des mécanismes en oeuvre dans la façon d'induire les autres joueurs en erreur, de déjouer leurs tentatives de faire pareil, et dans la façon de se poser la question : "dans cette situation, qu'est-ce que j'ai à perdre, qu'est-ce que j'ai à gagner ?" - ce sont trois notions stratégiques capitales au poker. Les conseils que vous venez de lire sont des bases que vous pouvez exploiter, mais elles sont surtout une occasion pour vous de prendre conscience de ces trois mécanismes, et de les explorer plus en détail par la suite.

Partager

École de Poker

Motivé pour pousser plus loin l'apprentissage du poker ?

Découvrez Poker Strategy, l'école de poker gratuite,
Et bénéficiez de 45€ de mise de départ gratuite pour faire vos armes au poker en ligne !